Deux mains tiennent une paire de muscles électrofluidiques fins ; la photographie officielle comporte une échelle de 1 cm. Ozgun Kilic Afsar, CC BY 4.0.

Et si les bras robotiques avaient des muscles artificiels ?

Photographie officielle de muscles électrofluidiques. Crédit : Ozgun Kilic Afsar — MIT Media Lab / Politecnico di Bari. Licence CC BY 4.0. Image originale, sans retouche.

Un bras robotique qui plie le coude et peut serrer une main : la démonstration semble familière. Pourtant, le mouvement est produit par un assemblage de fibres souples contenant du liquide. Des muscles artificiels, inspirés de l’organisation des nôtres. Étude originale

Des chercheurs du MIT et du Politecnico di Bari ont présenté cette technologie dans Science Robotics, le 25 mars 2026. Leur question : comment donner à une machine la force et la souplesse de fibres qui travaillent ensemble ? Étude originale

De l’électricité au mouvement

Le principe tient en trois étapes : l’électricité met le liquide en mouvement, le liquide crée une pression, et cette pression provoque une contraction.

01 · Électricité
Le champ électrique entraîne le liquide dans la pompe.
02 · Pression
Le fluide est transféré vers un actionneur.
03 · Contraction
Le muscle se raccourcit et tire sur le bras.
Schéma de principe ARBOR3S, d’après le mécanisme décrit par les chercheurs. La paire de muscles et la pompe forment un circuit fermé ; le second muscle s’allonge pendant que le premier se contracte. Illustration pédagogique, non à l’échelle.

Pour y parvenir, les chercheurs associent un petit muscle hydraulique à une pompe électrique miniature, intégrée au dispositif. Dans cette pompe, un champ électrique entraîne le liquide sans piston ni turbine. Le circuit reste fermé : le fluide circule à l’intérieur du système. Explication du MIT

De l’électricité au déplacement du liquide : démonstration du fonctionnement de la pompe. Vidéo officielle intégrée depuis la page du projet MIT Media Lab. Ouvrir la vidéo.

Les fibres travaillent par paires. Quand l’une se contracte, l’autre s’allonge, à la manière du biceps et du triceps lorsque nous plions le bras. Cette organisation permet aussi de stocker et de transférer le liquide entre les deux actionneurs, sans réservoir externe. Présentation du laboratoire

Gros plan officiel des muscles électrofluidiques assemblés par tissage.
Les actionneurs et les pompes sont assemblés en un muscle tissé. Photographie originale, sans retouche. Crédit : Ozgun Kilic Afsar — MIT Media Lab / Politecnico di Bari. CC BY 4.0.

Ce sont donc bien des muscles artificiels : ils produisent la contraction. Les tendons, dans notre corps, transmettent la force des muscles.

Des fils fins, un résultat visible

Démonstration officielle d’un bras robotique alimenté par batterie et actionné par une paire tissée de muscles électrofluidiques. Ozgun Kilic Afsar, CC BY 4.0.
Démonstration officielle d’un bras robotique alimenté par batterie et actionné par une paire tissée de muscles électrofluidiques. Crédit : Ozgun Kilic Afsar — MIT Media Lab / Politecnico di Bari. Licence CC BY 4.0. Animation originale, sans modification ; affichage à la largeur de l’article.

Les muscles décrits mesurent environ 2 millimètres d’épaisseur. Assemblés sous forme tissée, ils ont fait fléchir un bras robotique de 40 degrés, avec une souplesse permettant une poignée de main dans l’expérience.

Dans un autre montage, un faisceau de fibres a soulevé 4 kilogrammes. Cette performance concerne ce faisceau, pas le bras présenté ni une fibre isolée. Étude originale

Présentation du projet et de ses différents démonstrateurs. La charge de 4 kg correspond à un montage distinct du bras robotique. Vidéo officielle intégrée depuis la page du projet MIT Media Lab. Ouvrir la vidéo.

L’intérêt est aussi pratique : le système fonctionne silencieusement et intègre ses pompes, ce qui évite l’encombrement d’une installation hydraulique extérieure. Il nécessite toujours une alimentation électrique. Présentation du laboratoire

À retenir

  • Les fibres produisent une contraction : ce sont des muscles artificiels.
  • Le bras fléchit de 40° ; les 4 kg sont soulevés par un faisceau dans une expérience distincte.
  • La démonstration ne valide pas encore une prothèse destinée à l’usage quotidien.

Des machines plus proches de nos gestes ?

Les chercheurs envisagent notamment des applications dans les prothèses et les exosquelettes. Ces usages restent des perspectives : les démonstrations ne suffisent pas à établir la fiabilité ou la sécurité d’un dispositif utilisé chaque jour auprès d’une personne. Explication du MIT

Pour ARBOR3S, cette recherche illustre une rencontre concrète entre vivant et technologie : l’organisation de nos muscles devient une piste de conception pour les machines.

Si un robot devait t’aider au quotidien, quel geste aimerais-tu qu’il puisse accomplir avec cette souplesse ?

Sources et approfondissement
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